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Le soja est originaire de Chine et apporté en Europe au XVIIIème siècle. Cette plante herbacée anticholestérol et « traitement hormonal naturel de substitution de la ménopause », est presque « un aliment à part entière » et cultivée et consommée depuis des millénaires en Asie. Mais actuellement, le soja est source de controverses.

Voyons lesquelles et pourquoi.

Présentation du soja

Le soja appartient à la famille des Fabacées. C'est une plante de 1 à 1,50 m de haut aux nombreuses variétés de culture.

Le soja porte :

  • des feuilles alternes trifoliées et velues ;
  • des fleurs blanches ou violettes ;
  • un fruit, (la cosse), qui est une gousse brune, plate et velue, avec à l'intérieur 2 à 4 graines, (les fèves) , grosses comme un pois, avec des couleurs changeantes.

Ce sont les graines qui sont utilisées. Elles sont récoltées en fin d'été, puis pressées pour obtenir un liquide épais et doré, « mélange d'huile et de lécithine séparée par décantation ».

Parties utilisées du soja

En Europe, le soja est exploité car :

  • ses graines sont riches en acides gras insaturés (dont oméga-3) ;
  • ses dérivés, huiles et protéines, présentent un apport calorique élevé ;
  • il est plus riche en protéines que la plupart des légumineuses, en fibres, en minéraux, en vitamines (dont la vitamine K) , en antioxydants.

L'huile est employée en capsules ou en granulés. Le soja est aussi utilisé sous forme de substitut alimentaire : lait, soupe miso, yaourt, tofu, saucisse de soja, sauce de soja : tamari et shoyu, farine...

En Asie, il est l'une des bases de l'alimentation sous forme de lait (tonyu), fromage coagulé, comme le tofu, ou fermenté (tempeh, miso, natto…) ou en sauce.

Principales indications du soja

Il est actuellement employé sous forme de complément alimentaire :

  • dans le traitement de l'hypercholestérolémie ;
  • en prévention des risques cardio-vasculaires ;
  • pour favoriser la concentration en période d'examen ;
  • pour diminuer les troubles de la ménopause sur prescription médicale.

Mais le soja n'est pas sans danger, et pour l'instant, les preuves scientifiques ne sont pas encore validées. Et elles sont souvent contradictoires.

Lécithine de soja

Elle est riche en acides gras polyinsaturés essentiels : les acides linoléiques et linoléniques. Ceux-ci se fixent sur le cholestérol accumulé dans le sang, participent à son élimination, et préservent la souplesse vasculaire :

  • La lécithine de soja est donc employée en prévention des dépôts contenant du cholestérol sur les parois internes des artères favorisant l'athérosclérose.
  • Les lécithines, par leur richesse en choline et inositol, interviennent dans le métabolisme hépatique qui favorise le «  bon cholestérol » (HDL) au détriment du « mauvais » cholestérol (LDL). Elles contribuent à l'élimination du cholestérol en excès par le foie.
  • La lécithine prévient les calculs biliaires en émulsionnant le cholestérol et évitant ainsi son dépôt. Elle renferme de la vitamine E, antioxydante et hypolémiante.
  • Elleaugmente la concentration, agit sur les troubles de mémoire, et est donc proposée pour la préparation aux examens.

Œstrogènes : isoflavones de soja

Le soja contient des quantités très supérieures de phyto-œstrogènes par rapport aux autres plantes à usage alimentaire.

Ceux-ci sont « mis en cause en tant que perturbateurs possibles de l'équilibre hormonalavec d'éventuels effets négatifs, notamment surla fertilité féminine et masculine », analyse C. Aubert.

Ils auraient des effets œstrogéniques, mais leur non-toxicité n'est pas encore prouvée et les hypothèses suivantes seraient « aléatoires » :

Les isoflavones de soja sont des molécules extraites des graines de soja et « constitueraient un traitement hormonal naturel de substitution de la ménopause en corrigeant le déficit en œstrogènes » constaté chez la femme en période de pré-ménopause et ménopause. Les isoflavones se lieraient aux récepteurs des œstrogènes (os, cerveau, organes génitaux) pour moduler les réactions hormonales. Ces effets hormonaux œstrogèniques sont évoqués pour se substituer à la carence hormonale après la ménopause et permettent de diminuer » :

  • les bouffées de chaleur ;
  • la sécheresse et les irritations vaginales ;
  • la rétention d'eau ;
  • l'irritabilité et l'anxiété.

Œstrogènes et soja : précautions d'emploi

Les hypothèses sont controversées :

  • Chez les nourrissons et les jeunes enfants : les phyto-œstrogènes des aliments à base de soja les « exposent à des doses importantes de substances œstrogéno-mimétiques ». Par principe de précaution, le soja est déconseillé par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, chez l'enfant de moins de 3 ans et chez la femme enceinte. L'Association française de pédiatrie, elle, recommande seulement de ne pas en donner aux enfants de moins de 6 mois.
  • Le soja présente un risque d'allergie et de carence calcique.
  • Le soja aggraverait l'hypothyroïdie.
  • Le soja inactiverait certains traitements.
  • Le soja entraînerait des risques de malformations (gestation, lactation, nourrisson).

Œstrogènes, soja et cancer

Les effets avancés sur le cancer du sein, de l'endomètre, et de la prostate sont contradictoires. Voici quelques sources pour votre réflexion :

  • « Les compléments alimentaires à base de soja sont déconseillés en cas de cancers hormono-dépendants du sein, de l'utérus ou des ovaires. Il en va de même lors d'un traitement à base de tamoxifène et de létrozole...la consommation de soja dans le cadre de l'alimentation ne pose aucun problème...excepté bien entendu pour les personnes qui y sont allergiques » .www.mskcc.org.
  • « Dans le cadre de l'alimentation, il est conseillé de consommer au maximum 2 produits contenant/à base de soja par jour (tels que lait de soja, graines de soja, yaourt, tofu, tempé et alternatives végétariennes à la viande). Une portion correspond environ à 1 yaourt au soja, un verre de lait de soja ou 85 g de substitut de viande… Cela correspond à un maximum de 80 mg d'isoflavones ou 26 g de protéines de soja par jour ». american Institute for Cancer Research. Dietary Options for Cancer Survivors. 2002. L'ANSES (ex-AFSSA) donne son avis scientifique : ne pas dépasser chez l'adulte la dose de 1 mg/kg de poids corporel en isoflavone aglycane, soit 60 mg pour une personne de 60 kg. Chez l'adolescent, on conseille en pratique, de limiter la consommation de soja à un produit par jour, et pas de consommation régulière chez le nourrisson, notamment les jus.
  • « Certaines études ont déjà relevé une augmentation de la croissance de la tumeur en cas de consommation de complément de soja lors d'un cancer de la prostate à un stade avancé. La prudence reste donc de mise ». Nakamura H.et al. Genistein increases epidermal growth factor receptor signaling and promotes tumor progression in advanced human prostate cancer. PloS one.

C. Aubert, pionnier de l'agriculture biologique, et S. E. Aubert, expliquent : « ni aliment miracle ni poison, le soja est un précieux aliment qui permet d'augmenter la part du végétal dans notre consommation de protéines. Consommé sans excès, et de préférence sous forme fermentée il contribue à une alimentation saine et protectrice ».

Ces pros peuvent vous aider