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La thrombophlébite est une inflammation de la paroi d’une veine superficielle ou profonde suite à la présence d’un caillot de sang voire d’une infection. Couramment, on parle de phlébite.

Qu'est-ce qu'une thrombophlébite plus précisément et quel traitement prendre ? Réponses maintenant !

Thrombophlébites : types et facteurs favorisants

Ce sont les thrombophlébites qui affectent les membres inférieurs.

La circulation veineuse des membres inférieurs comprend deux réseaux profonds et superficiels reliés par les veines perforantes. Le réseau superficiel est formé par les veines saphènes interne et externe. Le sang circule du réseau superficiel vers le réseau profond :

  • La thrombophlébite superficielle : elle résulte de l’obstruction d’une veine superficielle. Elle se rencontre chez les personnes porteuses de varices (dilatation permanente des veines superficielles avec altération de leur paroi) ou suite à un traumatisme léger. Les signes observés seront une rougeur, une induration chaude et douloureuse.
  • La thrombophlébite profonde : elle résulte de l’obstruction d’une veine profonde. Elle peut être asymptomatique (sans signes) ou douloureuse, entraînant le gonflement du membre atteint avec ou sans présence d’œdème.

Certaines situations entraînent plus facilement d'éventuelles thrombophlébites :

  • l’immobilisation prolongée (voiture, avion, au lit) ;
  • l’obésité ;
  • la grossesse ;
  • les interventions chirurgicales abdomino-pelviennes et orthopédiques ;
  • certaines infections ;
  • la pose de cathéter sanguin ;
  • certains contraceptifs oraux ;
  • certains traitements de biothérapie, notamment le Xeljanz® (tofacitinib) à la dose d’entretien de 10 mg deux fois par jour chez les patients atteints d’une rectocolite hémorragique ;
  • certaines cardiopathies dont les troubles du rythme cardiaque non traités ;
  • certains troubles de la coagulation, par exemple un syndrome des antiphospholipides (maladie auto-immune caractérisée par la survenue de manifestations thromboemboliques) ;
  • certains cancers ;
  • les grosses chaleurs pouvant potentialiser l’insuffisance veineuse ;
  • la consommation de tabac, sachant que les cigarettes électroniques augmentent également le risque de troubles circulatoires de 44 % comparativement aux non-fumeurs.

Le diagnostic d'une thrombophlébite repose essentiellement sur l’échographie doppler veineux, un bilan sanguin à la recherche de D-dimères positifs ou d’une perturbation du bilan de coagulation voire d’une phlébo-cavographie (radiographie de la veine cave avec injection d’un produit de contraste).

Complications et traitements des thrombophlébites

On distingue 2 types de complications de thrombophlébites :

  • Les complications immédiates : elles peuvent être potentiellement graves puisque le risque est que le caillot se détache de la paroi et migre jusque dans l’aorte pulmonaire ou dans ses artérioles qu’il obstruera, gênant alors la circulation sanguine et l’oxygénation du sang. On parle alors d’embolie pulmonaire, laquelle est une urgence vitale.
  • Les complications à plus long terme : on peut observer un endommagement de la structure des veines touchées, des douleurs chroniques résiduelles, des varices, des ulcères de jambe, des œdèmes de fatigue.

Les thrombophlébites sont traitées avec l’emploi d’un anticoagulant injectable afin de prévenir l’embolie pulmonaire (Héparine, Calciparine, Lovenox, Fraxiparine, Innohep, Arixtra…) suivi d’un relai par AVK (anti-vitamine K) qui sont des anticoagulants oraux tels que Sintrom, Préviscan ou Coumadine dans le but de prévenir les récidives et les complications secondaires.

Le port d’une contention élastique (bas ou chaussettes de contention) fait également partie du traitement. Dans certains cas de thrombophlébite superficielle (souvent en lien avec un cathéter veineux), on se contentera d’un traitement anti-inflammatoire avec compresses chaudes humides et d’une éventuelle contention élastique. De l'aspirine à faible dose peut aussi être utilisée préventivement en cas de risque de syndromedes antiphospholipides. S'il est avéré, on utilise également des antagonistes de la vitamine K (source : recommandations publiées dans la revue Annals of the Rheumatic Diseases).

Par ailleurs, des anticoagulants injectables peuvent être utilisés à faible dose pour prévenir un risque de thrombose. Une étude a en effet montré que l'administration intraveineuse de fondaparinux (2,5 mg une fois par jour pendant 45 jours) était associée à une réduction significative des risques de thrombose veineuse, de récidive ou d’extension de la thrombophlébite superficielle (migration du caillot hors des membres inférieurs).

Thrombophlébite cérébrale

La thrombophlébite cérébrale correspond à l’obstruction d’une veine du cerveau par un caillot :

  • L’installation se fait sur plusieurs jours avec présence de céphalées voire de vomissements ou de crises d’épilepsie.
  • La cause la plus fréquente est la présence d’un foyer infectieux non traité dans la région ORL (otorhinolaryngologie= nez, gorge, oreille) ou d’un trouble de la coagulation. Un traumatisme crânien ou une tumeur peuvent aussi être en cause. Dans ce cas précis, l’examen de diagnostic sera l’IRM (incidence par résonance magnétique) avec et sans injection.
  • Le traitement reposera sur des anticoagulants.

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